“Il me fait penser à Ashton Eaton”: Qui est (vraiment) Simon Ehammer?

Après quatre semaines pleines de réhabilitation, Simon Ehammer est parvenu à s’offrir la médaille d’argent aux championnats d’Europe après un excellent saut mesuré à 8,29 mètres. Dans ces conditions, il est toujours bien agréable de discuter avec les athlètes. Parce qu’il y a des sourires et de la bonne humeur.

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J’ai toujours apprécié la côte Pacifique des États-Unis, me baigner de cette lumière chaude de cette Californie de vacances, entre Los Angeles et San Francisco. J’ai souhaité un temps parcourir la côte à vélo, sur un Van Rysel paré pour un tel trail, sur la Pacific Coast Bicycle Route qui relie Vancouver, au Canada, à San Diego. Parcourir cette longue distance d’environ 3 500 kilomètres aurait d’ailleurs l’avantage de plonger dans les histoires profondes qui animent ces coins d’Amérique parfois oubliés, ou bien mal documentés. Ou encore sont-ils mal connus, gangrénés parfois par de bien peu sympathiques idées reçues. Pourquoi je parle, ici, de l’Oregon et du Pacifique?

Parce que j’ai commencé à écrire sur Simon Ehammer en 2022, lors de mon dernier passage à Portland, quelques semaines avant le début des championnats du monde d’athlétisme à Eugene et que cela me donne bien le droit de digresser quelque peu.

J’y ai étudié Nike, les chaussures de course, l’université locale et les athlètes légendaires qui sont passés par son majuscule centre de formation. Dans un précédent article, paru dans le magazine Le Regard Libre il y a quatre ans, j’avais par exemple étudié en profondeur l’histoire de Nike; marque solidement ancrée à Portland, en Oregon, tout au nord-ouest des États-Unis. J’avais étudié Phil Knight, cet ancien grand spécialiste du Mile qui rêvait de mettre au point un prototype de chaussures qui permette de courir toujours plus vite et surtout mieux. Il avait découvert alors deux choses. La première, c’est qu’à cette époque les leaders du marché étaient tous manufacturés au Japon. La seconde, c’est que son ancien entraîneur Bill Bowerman partageait le même rêve. Ainsi, quand Knight s’est associé à Bowerman et qu’il est parvenu à convaincre une grande marque japonaise de revendre une pièce de leur collection aux États-Unis, les prémices d’une histoire folle ont été lancées. À cette époque, Nike n’avait pas encore vu le jour, mais l’industrie des chaussures de course allait basculer.

On a vu naître les Moon Shoes, dont une paire est conservée telle une relique à Eugene, jusqu’à l’apparition, il y a quelques années, des Spikes. Ainsi, longer par sa côte l’Oregon (présumément à vélo) permet aussi de parcourir toutes sortes de légendes et folklores, plus ou moins passionnants. L’athlétisme, sur place, en est définitivement un. J’en ai donc particulièrement appris sur les athlètes du coin; Steve Prefontaine, Bill Bowerman, mais aussi Raevyn Rogers. Et, parmi eux, Ashton Eaton, né à Portland le 21 janvier 1988 et talentueux décathlonien, a été le dernier d’une assez longue liste. Il détenait d’ailleurs, jusqu’en 2018, le record du monde de la discipline multiple. Il fait bien sûr partie du cercle très fermé d’athlètes à avoir dépassé la barre des 9 000 points et a servi d’inspiration à de nombreux athlètes partout ailleurs, et encore plus depuis sa retraite de toute compétition en 2016. Détail: parmi ceux qu’il a inspirés, il y a Simon Ehammer!

“Oui, il me fait vraiment penser à Ashton Eaton”, confiait Soidri Bastoini.

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