Alexander Stadium, Birmingham
Rhasidat a 24 ans. En Irlande, elle jouit d’une popularité géante. Une immense fresque murale à son effigie orne un mur de la ville de Waterford et les lecteurs de l’Irish Times l’ont élue, un temps, deuxième personnalité sportive la plus admirée d’Irlande. Elle mesure six pieds de long et domine le sprint du pays.
Le cas de Rhasidat est doublement intéressant car elle incarne à la fois l’immigration depuis le sud, l’Irlande multiculturelle et puissante, et aussi l’importance de croire au rêve américain. Son histoire est passionnante; je l’ai lue et relue des millions de fois en croisant toutes les sources médiatiques disponibles dans le pays, dans l’ensemble de l’UK, et sur les sites des universités américaines par lesquelles elle a transité. Après avoir eu la chance de la croiser à Birmingham, voici ce que je retire de sa grande vie.
Née de parents yorubas originaires de l’État d’Oyo, au Nigeria, elle grandit à Tallaght, dans la banlieue sud-ouest de Dublin. Ses parents, Ade et Prince Adeleke, avaient émigré en Irlande avant sa naissance. Elle est la deuxième d’une famille de trois enfants, avec un frère, Abdullahi, et une sœur, Latifah. Elle conserve de son enfance à Tallaght le souvenir d’un quartier vivant, où elle courait avec les autres enfants et constatait déjà qu’elle était souvent plus rapide que les garçons. Et comme tout enfant qui court vite, elle se teste à de nombreux sports. Elle s’essaie au football gaélique, le camogie, le volley-ball, le badminton et le basket-ball. Son talent est repéré vers l’âge de dix ans par un enseignant de la St Mark’s Primary School, à Tallaght. Elle rejoint alors le club d’athlétisme du coin où elle rencontre Johnny Fox, qui lui parle déjà de Jeux olympiques. Il croyait en elle et devient son premier mentor. Ses débuts en compétition ne sont pourtant pas immédiatement triomphants.
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